Biographie

À 18 ans, Jacques Pugin s’installe à Zurich pour devenir photographe. Suzanne Abelin, qui anime la Galerie 38, une des premières galeries en Suisse dédiée à la photographie, organise sa première exposition personnelle en 1977. Il ouvre son premier atelier en 1978 à Genève. Il effectue un voyage en Grèce, où il réalise un travail photographique qui lui permet d’obtenir en 1979 une bourse fédérale des Arts Appliqués (Suisse). Il réalise une série intitulée Graffiti greffés utilisant le Light Painting. Cette série a été largement exposée et publiée internationalement. Il obtient 3 années consécutives la Bourse fédérale des Beaux-Arts, appelé actuellement Prix suisses d’art (Suisse) en 1980, 1981 et 1982.

En 1983, il poursuit avec Graffiti rouges, investiguant désormais la couleur.

En 1984, il réalise la série Les jouets, photographies qui entrent dans la collection du Centre Pompidou à Paris et dans la collection de M.et M. Auer qui les publient dans le livre «Une histoire de la photographie» en 2003.

En 1985, lors de la triennale de Fribourg en Suisse, Polaroid met à sa disposition une caméra 50×60 cm avec laquelle il réalise la série Les polaroids, qui intégre la collection éponyme. Il entre dans l’Encyclopédie internationale des photographes de 1939 à nos jours, aux éditions Camera Obscura.

Dans les années 1990, Jacques Pugin s’intéresse aussi aux images de source vidéo, ce qui donne lieu à une série de photographies intitulée La montagne bleue et à un livre du même nom, avec un texte de Jean-Michel Olivier, aux éditions Ides et Calendes. Il réalise ensuite des séries complètes sur le thème de la végétation.

Dans les années 2000, il entreprend de nombreux voyages dans le monde, et en particulier dans les déserts d’Afrique, d’Inde et d’Amérique latine pour un travail de grande envergure intitulé Sacred Site(2002 à aujourd’hui), soutenu par la Fondation Leenaards. Il se consacre aussi depuis 2005 à son œuvre sur le paysage de montagne, La montagne s’ombre.

En 2013, il termine Les cavaliers du diable, un travail photographique à portée géopolitique commencé en 2008, sur les traces des vestiges de la guerre civile au Darfour.

2009-2012 Avec son projet « Day after day » Jacques Pugin fait une fois encore preuve d’avant-gardisme dans la production photographique contemporaine.  Ce nouveau travail, à première vue, s’inscrit dans un moment qualifié de  « post-photographique » par l’éditeur et journaliste d’art Robert Shore. On ne parle plus dans cette nouvelle ère de « photographe » mais d’artiste utilisant un appareil photo voire de photographe ayant cessé d’utiliser l’appareil photographique pour produire son œuvre à partir d’images existantes, le plus souvent trouvées sur la toile. Jacques Pugin s’inscrit ici très certainement dans ce moment tout en s’en distinguant cependant. Une analyse minutieuse de ce projet montre que l’artiste va encore plus loin. Il repousse encore les limites de son art et nous surprend à nouveau en nous offrant un autre regard sur un sujet qui lui est cher : la montagne. En résulte un corpus palimpseste d’une infinie beauté.

En 2017, Glaciers offset,  Jacques Pugin cherche à superposer en une seule image plusieurs moments. il survole et prends en video des glaciers à des moments différents, il fusionne ces multiples videos en post production de manière à recréer des glaciers…. En superposant ces strates, il recompose ainsi une représentation imaginaire du passé.