Œuvres principales

Graffiti greffés (1978 – 1979). Dans ses photographies des années 1970 Jacques Pugin utilise la lumière comme un crayon qui lui permet de dessiner à l’intérieur même du processus photographique (Light Painting). Il utilise une bougie comme crayon avec laquelle il dessine des formes dans le paysage ou il en souligne les contours. En modifiant les apparences des lieux ou des paysages, en intégrant dans ses photographies des traces qui relient les fils invisibles du présent, du passé et de l’avenir, Jacques Pugin investit symboliquement ses photographies.

Graffiti rouge (1983) Investiguant la couleur avec la technique du light painting le photographe utilise des éléments flotants sur l’eau ou le vent pour symboliser le passage du temps.

Les jouets (1984) Dans cette série les traces lumineuses soulignent et lient des corps et des jouets qui cohabitent sur l’image. Cette œuvre entre dans la collection du Centre George Pompidou à Paris.

La Montagne bleue (1995-1998). Au milieu des années 1990 Jacques Pugin commence à utiliser l’informatique comme outil pour travailler sur l’image réalisée. À l’inverse des artistes du Land Art, qui interviennent dans un paysage donné avec les matériaux du lieu même, et qui photographient ensuite l’ensemble, sa démarche consiste à photographier les paysages bruts. Il intervient ensuite sur l’image, à l’aide de différents outils, en y apportant des lignes droites ou des courbes, et/ou en y ajoutant des ombres et des lumières. Dans son travail La Montagne bleue, il marie à la fois l’outil informatique et les crayons de couleurs, pour un résultat pictural, à mi-chemin entre la photo et la peinture.

Sacred Sites (2001 – 2013). Ce travail photographique soutenu par la bourse de la fondation Leenaards a commencé en 2001. La série reprend le nom Sacred Sites que les aborigènes australiens habitant près du rocher Uluru (Ayers Rock) donnent à leurs lieux sacrés en les entourant avec des enclos afin de les protéger. Aujourd’hui l’artiste continue sous ce titre à photographier des lieux à travers le monde, parcourant ainsi espaces et sites naturels désertiques et dépeuplés. Il photographie des traces qui témoignent de la présence de l’homme dans le paysage et utilise plusieurs moyens pour accentuer ces traces dans l’image. Il propose dans ses photographies une réflexion sur le temps, l’espace et le rapport complexe que l’homme entretient avec la nature. Dans cette série figurent de nombreux enclos, constructions, ou traces d’habitations de nomades caractérisés par leur forme circulaire: Jacques Pugin photographie ces lieux comme des sculptures fabriquées avec les éléments environnants, par les hommes.

La montagne s’ombre (2005 – 2013). Dans cette œuvre le photographe cherche à épurer ses images pour faire ressortir l’essence même de la montagne et sa force. En travaillant essentiellement sur les ombres qui deviennent des traces, il redirige le regard et la pensée vers un autre questionnement.

Les Cavaliers du Diable (2008 – 2013). Pour la première fois Jacques Pugin choisit de travailler non pas sur ses images, mais en utilisant les photos satellitaires tirées de Google Earth. Cette fois les traces sont les vestiges de la guerre civile au Darfour; des exactions perpétuées par les Janjawids (les cavaliers du diable) qui ont violé les femmes, tué les enfants, massacré les populations, avant de brûler les villages, ne laissant rien d’autre que les cendres des maisons et clôtures. Jacques Pugin choisit d’appliquer à ces images un double traitement, d’une part en retirant la couleur, puis en les inversant, signifiant ainsi symboliquement le caractère fondamentalement noir et négatif de la barbarie dont elles sont le témoin. Ce travail s’inscrit dans la continuité des recherches entamées par le photographe en 1979 sur les traces, (Série Graffiti greffés) mais cette fois Jacques Pugin a une démarche plus politique. Alors que le Darfour est très difficile d’accès pour les journalistes reporters, l’artiste questionne le rôle d’internet, en faisant de Google Earth, de manière indirecte, une forme d’outil de reportage, de témoignage vu du ciel.

2009-2015 Avec son projet « Day after day » Jacques Pugin fait une fois encore preuve d’avant-gardisme dans la production photographique contemporaine.  Ce nouveau travail, s’inscrit dans un moment qualifié de  « post-photographique » par l’éditeur et journaliste d’art Robert Shore. On ne parle plus dans cette nouvelle ère de « photographe » mais d’artiste utilisant un appareil photo voire de photographe ayant cessé d’utiliser l’appareil photographique pour produire son œuvre à partir d’images existantes, le plus souvent trouvées sur la toile.

Entre 2015 et 2017, Jacques Pugin survole les glaciers victimes du réchauffement climatique. Il se veut témoin, essayant de démontrer que la trace de l’homme n’est toujours pas loin

En 2017, Glaciers offset,  il cherche à superposer en une seule image plusieurs moments. il survole et prends en video des glaciers à des moments différents, il fusionne ces multiples videos en post production de manière à recréer des glaciers…. En superposant ces strates, il recompose ainsi une représentation imaginaire du passé.